Partager l'article ! punching-ballite aigue: - bonjour, docteur. - Bonjour, madame AS, que puis-je faire pour vous ? Que puis-je faire ...
- bonjour, docteur.
- Bonjour, madame AS, que puis-je faire pour vous ?
Que puis-je faire pour vous ?, il ne me connait même pas qu’il veut déjà faire quelque chose pour moi ! incroyable,
encore une Blouse Blanche (
) qui pense avoir le savoir absolu.
- C’est mon médecin généraliste qui m’envoie, il pense que mon problème MEDICAL pourrait avoir des causes plus …….psychologique.
J’ai murmuré le dernier mot, je ne veux pas qu’il croit que je suis une cinglée, ou pire encore une zinzin.
-Hum,
Alors selon mes calculs ce bruit a peine audible est un encouragement à la poursuite de mes explications, en tous les cas pour le moment le génie du psychisme, il n’a rien découvert en moi qui cloche, bon alors je me lance de toute façon , je suis là pour ça et le dépassement de 40€ aussi vu que ma mutuelle ne prend pas en charge les dépassements d’honoraire.
- depuis 3 moi, j’enfle, je grossis, mais pas de partout, je grossis de bon bassin au sommet de la tête, et mes jambes maigrissent
Je n’ai jamais eu des jambes aussi minces, ce pourrait être agréable si le haut de mon corps ne ressemblait, à s’y méprendre à un ballon de rugby.
- Ah je vois ! dit-il en regardant au plafond.
Je lève aussi la tête au plafond pour voir ce qu’il pouvait bien s’y trouver, mais ce n’est plus très facile, je suis obligée de tourner tout le haut de mon corps, ma tête se détache mal de mes épaules depuis que ça a commencé.
- quand cela a-t-il commencé, vous souvenez-vous ?
Bien sûr que je me souviens, il me prend pour qui, je ne souffre pas d’amnésie.
-la première poussée, oui j’appelle ça poussée car ça vient pas vague, donc la première fois, c’est quand un monsieur que je reçois dans mon travail, m’a hurlé dessus car son RSA avait été suspendu, il m’assurait avoir envoyé « sa putain de DTR » (sa déclaration trimestrielle de ressource) ma t-il dit. Comme je ne travaille pas à la caf, je ne me sentais pas responsable, alors j’ai téléphoné à la ligne partenaire, mais comme on était un lundi ça ne répondait pas, normal, (ils sont ouverts le samedi mais pas le lundi), alors j’ai fait un fax de sa putain, eh pardon de sa DTR. Ensuite je lui ai fait mon speech habituel, mais est-ce contre moi que vous êtes en colère, puisque ce n’est pas contre moi ce n’est pas la peine de crier, j’entends bien, bien que cette dernière remarque je ne lui ai pas dit. Il s’est calmé comme à chaque fois mais j’ai commencé à enfler ce jour là.
- les autres poussées comme vous les appelez, qui n’est pas complètement un terme inapproprié, ont elles eu lieu dans des circonstances similaires ?
Ben oui !
-tout a fait, j’ai préféré dire ce moi, je ne veux pas qu’il me diagnostique parano !
- racontez-moi !
Bien chef !
Ça c’est pareil, je ne l’ai pas dit à voix haute.
- dès qu’une personne est agressive envers moi ou mes collègues, je sens mon corps qui augmente. Une femme a passé deux heures dans le couloir en pleurant avec des sanglot qu’elle n’irait pas dans le logement pourri que l’institution lui proposé car elle était à la rue. Après elle disait que dans ce pays les femmes victimes de violence n’avaient qu’à fermer leur guelle, qu’elle devait choisir entre une maison douillette ou elle s’en prennait plein la guelle et un taudis ou elle serait seule a 15 kilometres de son travail sans voiture dans un endroit ou il n’y avait même pas de chaise pour son fils. C’est vrai que le logement était vraiment infecte et que j’aurai eu du mal a laisser mon chat en pension sans un antipuce efficace, mais que voulez-vous il n’y avait plus de place nulle part, les places pour les femmes victimes de violence sont maigres et c’est tout le temps débordé.
-hum…
Le voilà qu’il recommence, remarque maintenant je n’ai pas envie de me taire mais de continuer a raconter.
- le lendemain c’est une dame que je suis qui était dans un triste état, elle n’a pas était agressive avec moi mais c’était pire, le DALO avait été refusé car cela ne faisait pas 36 mois que la famille avait fait une demande de logement HLM. Alors elle s’imaginait rester encore des années dans son logement aux murs noirs d’humidité, que son mari peintre repeint tous les deux mois, elle imaginait ses vêtements entassées dans des sacs en train de moisir, elle imaginait ses trois enfants dormir encore dans le salon en installant les matelas par terre comme tous les jours, alors elle s’est mise à rire, à rire aux éclats un rire de souffrance qui ne s’arrêtait pas tellement la situation était absurde.
Et puis aussi une de mes collègues a été agressée, ce jour là j’ai enflé encore plus, la dame n’avait pas de réponse positive à une aide financière et elle est devenue folle.
- je vois très bien votre problème.
- ah et je vais reprendre une apparence normale quand, car vous comprenez bien que dans cet état je ne peux pas beaucoup sortir, j’ai du mal à entrer dans la voiture.
- vous souffrez de punching-ballite aigue.
- de quoi ?
Ça m’aurait pas étonné qu’il m’invente un truc.
- les gens que vous recevez on besoin de décharger leur colère ?
-oui, hum maintenant c’est moi qui ai envie qu’il continue.
-Il vous utilise comme punching-ball. Et comme vous êtes d’accord avec eux vous ne pouvez pas vous défendre. Je vous propose de vous reposer quelques jours le temps que tout ça dégonfle,
J’ai bien entendu il m’a traité de ça !
-et battez-vous à leur côté avec encore plus de vigueur…..
Facile à dire
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